Le 15 janvier 2017, l'Église catholique célèbre la 103ème Journée mondiale du migrant et du réfugié
 
 
Cette année, le Pape François a choisi comme thème de réflexion et de prière « Mineurs migrants, vulnérables et sans voix ».
 
 
 

A travers cette journée, le Saint Père nous invite à nous unir avec nos frères et soeurs venus d’ailleurs et de prier particulièrement pour les plus petits : les mineurs. Cette journée nous aide aussi à faire l’expérience de la catholicité de l’Eglise, composée de membres de tous les peuples et de toutes les langues, unis autour du Christ.


PRIÈRE

Seigneur, Dieu de l’univers, Tu es le Père de tous les enfants de la terre.
Tu connais chacun. Tu nous regardes non comme des êtres anonymes
mais comme des personnes, avec un visage, une histoire.
Chacun est pour toi un enfant bien-aimé !

Apprends-nous à nous regarder les uns les autres, comme toi,
tu nous regardes. Enseigne-nous à oser croiser le regard de l’autre.
Ouvre nos yeux pour te rencontrer en nos frères et soeurs.

Tu as une prédilection pour les petits. Comme Jésus tu te tournes vers
les enfants et les jeunes. Chaque enfant est une bénédiction de toi.
Nous te rendons grâce pour leur force de vie et pour l’espérance
dont ils témoignent. Ils nous rappellent que l’avenir est devant nous :
un avenir à construire ensemble, en humanité. Chacun peut y apporter
sa pierre pour que la vie, la paix et l’espérance éclosent.

Tu ne détournes pas les yeux quand la vie est menacée.
Aucune souffrance, aucune vulnérabilité ne te sont étrangères.
Tu entends les cris de tes enfants : ceux de nos voix comme ceux
de nos gestes, de nos corps, de nos regards. Tu vois la main tendue
et le corps sans vie ; tu vois le regard accueillant et les barrières
que l’on dresse ; tu entends les larmes d’une mère après le naufrage
et le rire de l’enfant qui a trouvé une nouvelle patrie.

Voici nos yeux, nos mains, nos intelligences et nos vouloirs.
Investis nos existences de ta bonté et de ta sagesse.
Donne-nous un coeur éveillé et compatissant.
Fais-nous grandir en humanité : en paroles et en actes.
Enseigne-nous le chemin vers la Vie. Amen.


Téléchargez la carte prière


A noter : Le Service national de la pastorale de migrants et des personnes itinérantes organise une journée d’étude le 7 février sur le même thème que la JMMR : « Mineurs migrants, vulnérables et sans voix »

L'Edito de Mgr georges Colomb, Évêque de La Rochelle et Saintes

 Sur le chemin de l'Acceuil

Il y a un peu plus d’un an, le 6 septembre 2015, le pape François invitait paroisses, communautés religieuses, monastères et sanctuaires de toute l’Europe à accueillir une famille de réfugiés.

Largement relayé par les évêques de France, cet appel a été entendu, et la mobilisation exceptionnelle qui a suivi a été pour toute l’Église en France un grand motif de joie. À travers la diversité des engagements, c’est la culture de la rencontre qui a progressé, cette culture de la rencontre qui, comme le soulignait le pape François dans son message pour la dernière journée mondiale, vit tout autant de notre capacité à donner à l’autre que de celle de recevoir de lui.
Le 15 janvier nous donnera précisément l’occasion de célébrer ensemble, migrants et non migrants, ce qui, dans la rencontre de l’autre aura été reçu. Cette journée sera aussi l’occasion de rendre grâce pour tous les liens qui, dans le concret de l’accueil, auront été tissés avec des hommes et des femmes de bonne volonté quelles que soient leurs convictions personnelles. Par son caractère festif, la prochaine Journée mondiale pourra également être un moment de ressourcement sur le chemin de l’accueil. Les fruits de la fête devront nous redonner des forces pour relever les défis de l’avenir avec confiance. Parmi ces défis, je voudrais mentionner particulièrement celui de l’intégration.
Le Pape nous a parlé « des mineurs migrants, vulnérables et sans voix ».
En attirant notre regard sur les plus jeunes, enfants et adolescents, le Pape nous invite à être attentifs à ceux qui sont une promesse d’avenir, aussi bien pour leurs parents – lorsque ceux-ci les accompagnent– que pour notre société dans laquelle nombreux sont ceux qui grandiront et feront leur vie. En soulignant leur vulnérabilité, le Saint-Père nous invite à nous engager plus fortement pour la protection de l’enfance, pour l’éducation des jeunes, pour la transmission de nos valeurs afin qu’ils soient intégrés dans notre pays et ne demeurent pas des étrangers. Notre responsabilité, notre « ardente obligation», est de les aider à devenir des adultes épanouis devant Dieu et devant les hommes. Grâce à ses institutions éducatives, à ses associations, notre Église a, sur ce point, beaucoup à partager et à leur apporter.
Rappelons l’appel à la paix lancé par de jeunes réfugiés depuis le parvis de la basilique Saint-François, à Assise, et le commentaire du pape François sur le sens du passage de la Porte sainte dans le cadre du jubilé de la miséricorde : « Ce passage sert à trouver Jésus, l’amitié de Jésus, le repos que seul donne Jésus. » L’amour est présent dans le monde et il est plus puissant que toutes les formes du mal ! Les communautés de notre Église, en accueillant nos frères du Moyen-Orient et d’ailleurs, nous rappellent cette vérité.
Sainte Teresa de Calcutta disait « l’heure n’est pas à la polémique, elle est à la charité ». Nous devons être particulièrement attentifs à la vie de foi et à la croissance spirituelle des jeunes car parmi les actes de charité que nous devons concrètement mettre en oeuvre au cours de cette Année de la miséricorde, le développement intégral de la personne des jeunes et des autres est la première des priorités et passe par le partage de cette conviction : Dieu est amour !
Récemment nommé évêque référent auprès de la Pastorale des migrants, je me réjouis déjà de faire route avec vous !

 

présentation par p. Carlos Caetano, Cs, Directeur du Service national de la pastorale des migrants et des personnes itinérantes

La journée mondiale 2017
du migrant et du réfugié

Au cours de l’année, les catholiques du monde entier sont invités à célébrer une série de « Journées mondiales », à travers lesquelles l’Église cherche à sensibiliser ses fidèles sur des thèmes de grande importance : la paix (1er janvier), les vocations (7 mai), les oeuvres de la Terre sainte (14 avril), etc.
La plus ancienne d’entre elles, instaurée en 1914, est la Journée mondiale du migrant et du réfugié ; la mobilité humaine n’est pas un phénomène nouveau et l’Église manifeste depuis longtemps un grand intérêt pour les migrants, se préoccupant de leur sort, au travers notamment d’un accompagnement pastoral adapté.
Toutefois, malgré l’ancienneté de cette Journée mondiale, il n’est pas toujours facile de se libérer d’une vision pessimiste du phénomène migratoire, et de l’envisager à la lumière de la foi pour y déceler l’action de Dieu qui guide, rapproche et unit toute l’humanité en un seul peuple.
Il est naturel que nous soyons choqués par l’image des victimes mortes pendant leur dramatique exode, mais nous ne pouvons pas oublier le nombre conséquent de vies que la décision de partir a épargné.
Il est compréhensible d’associer à la migration des images de désespoir, mais n’oublions pas les sentiments d’espérance qui animent le coeur de ceux qui partent vers une nouvelle patrie.
Le phénomène migratoire est indéniablement une réalité complexe, difficile à gérer, mais nous aurions tort d’oublier que celui-ci, avec la grâce de Dieu, est l’Avent « d’un nouveau ciel et d’une nouvelle terre », où nous nous découvrirons frères les uns des autres, enfants d’un même Père.


"Personne ne pousse ses enfants sur un bateau à moins que l’eau ne soit plus sûre que la terre ferme"
Warsan Shire (traduction de Paul Tanguy)


LA JOURNÉE MONDIALE DU MIGRANT ET DU RÉFUGIÉ S’INSCRIT DANS UNE HISTOIRE…

EN 1941 le pape Benoît XV invite les évêques d’Italie à instaurer dans toutes les paroisses une Journée de sensibilisation au sort des émigrants italiens. Une quête annuelle en faveur des oeuvres les soutenant –notamment le Collège créé, à Rome, pour la préparation des missionnaires d’émigration– est décidée. Dans le même temps, la Congrégation consistoriale (aujourd’hui Congrégation pour les évêques) fixe la date de la célébration au premier dimanche de Carême. La première Journée a donc lieu le 21 février 1915.
EN 1928 la Consistoriale déplacera la célébration au premier dimanche de l’Avent.
EN 1952 dans la constitution apostolique Exsul familia, le pape Pie XII recommande aux évêques d’Italie de célébrer la « Journée pour l’assistance aux émigrants italiens », au même moment que dans les autres pays du monde, toujours le premier dimanche de l’Avent.
EN 1969 sous le pontificat de Paul VI, l’instruction De pastorali migratorum cura, de la Congrégation pour les évêques, rappelle le caractère opportun de l’instauration, par les conférences épiscopales nationales, d’une « Journée du migrant » annuelle destinée à collecter les fonds nécessaires aux oeuvres en faveur des migrants. La même instruction suggère aussi que soit laissées à l’appréciation des diverses conférences épiscopales la date et les modalités de célébration de cette Journée du migrant, ceci afin de permettre une meilleure adaptation aux réalités locales.

 
Pape François, Message pour la journée mondiale du migrant et du réfugié 2017


Mineurs migrants, vulnérables et sans voix

Chers frères et soeurs,

«Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé » (Mc 9, 37 ; cf.Mt 18, 5 ; Lc 9, 48 ; Jn 13, 20). Par ces mots, les Évangélistes rappellent à la communauté chrétienne un enseignement de Jésus qui est enthousiasmant et, à la fois, exigeant. Ces paroles, en effet, tracent la voie sûre qui conduit à Dieu, en partant des plus petits et en passant par le Sauveur, dans la dynamique de l’accueil. L’accueil même, donc, est une condition nécessaire pour que se concrétise cet itinéraire : Dieu s’est fait l’un de nous, en Jésus il s’est fait enfant et l’ouverture à Dieu dans la foi, qui alimente l’espérance, se décline dans la proximité affectueuse aux plus petits et aux plus faibles. Charité, foi et espérance sont toutes impliquées dans les oeuvres de miséricorde, soit spirituelles, soit corporelles, que nous avons redécouvertes durant le récent Jubilé extraordinaire.

Mais les Évangélistes s’arrêtent aussi sur la responsabilité de celui qui va à l’encontre de la miséricorde : « Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, il est préférable pour lui qu’on lui accroche au cou une de ces meules que tournent les ânes et qu’il soit englouti en pleine mer » (Mt 18, 6 ; cf.Mc 9, 42 ; Lc 17, 2). Comment ne pas penser à ce sévère avertissement en considérant l’exploitation perpétrée par des gens sans scrupules aux dépens de nombreux enfants contraints à la prostitution ou pris dans le circuit de la pornographie, asservis dans le travail des mineurs ou enrôlés comme soldats, impliqués dans des trafics de drogue et dans d’autres formes de délinquance, forcés à la fuite par des conflits et par les persécutions, avec le risque de se retrouver seuls et abandonnés ?

C’est pourquoi, à l’occasion de la Journée mondiale du migrant et du réfugié, je tiens à attirer l’attention sur la réalité des migrants mineurs, en particulier ceux qui sont seuls, en demandant à chacun de prendre soin des enfants qui sont trois fois sans défense, parce que mineurs, parce qu’étrangers et parce que sans défense, quand, pour diverses raisons, ils sont forcés à vivre loin de leur terre d’origine et séparés de l’affection de leurs proches.

Téléchargez l'intégralité du message...

Ressources sur le Web, Pour animer cette journée et alimenter une réflexion au cours de l’année 2017.
http://www.JMMR.catholique.fr
http://www.acatfrance.fr/accueildeletranger
http://www.eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/migrants/journee-mondiale-migrant-refugie/
http://migrations.catholique.fr/

Voir aussi cette vidéo : Noël 2016, offrir l'Espérance aux chrétiens du Moyen-Orient (AED france)


Quel positionnement face au Plan Cazeneuve pour la répartition des exilés de Calais dans des centres d’accueil répartis sur le territoire ?
Lettre du Service National de la Pastorale des Migrants aux délégués de la Pastorale des Migrants dans les diocèses du 19 septembre 2016.
Télécharger la lettre du service national de la pastorale des migrants

En clair, et pour couper cours aux fantasmes :

Pour le Lot et Garonne, Il s'agit d'acceuillir, dans un premier temps, 15 Soudanais. Des jeunes hommes fuyant la gerre, la plupart musulmans, dans quelques sites (Mas d'agenais, St Bazeille, Levignac de bazeille...) et une ou deux dizaine supplémentaire dans un second temps (Aiguillon, Agen). Vous ne pouvez intervenir que de manière indirecte, par l'intermédiaire d'associations.
Des CAO (centre d'acceuil et d'orientation) sont sollicités. le côut de l'acceuil est de 25€/jour/personne.
 
Télécharger une information plus précise sur ce sujet